Archives de Catégorie: Articles divers

novembre 14

Capitalisme ou mutualisme ?

J’entends d’ici la plupart des hommes, séduits par une folle avidité : « On en a jamais assez, disent-ils, puisque l’on est estimé qu’à proportion de son avoir ». Que faire à ses insensés ? Interrogeait Horace dans une admirable satire. Les moeurs n’ont pas bien changées depuis le siècle d’Auguste.

Aujourd’hui encore, la soif de l’or excite les foules, fait courir les avocats, divise les familles, et il semble que les temps soient bien loin de nous où cette soif pourra être étanchée. L’accumulation des richesses ou la prodigalité. C’est l’unique question. Au dix-neuvième siècle, l’on dira plutôt : capitalisme ou mutualisme ? Le règne du profit ou bien celui de la gratuité ?

novembre 14

La dénonciation de la course à l’argent

« Au fait, que diable voulez-vous que puisse rêver, aujourd’hui, un adolescent que les disciplines modernes exaspèrent et que l’abjection commerciale fait vomir ? Les croisades ne sont plus, ni les nobles aventures lointaines d’aucune sorte. Le globe entier est devenu raisonnable »

Ainsi s’exprimait l’infréquentable Léon Bloy dans « Le Désespéré ». Cri du cœur apprécié de maints « néoréacs » qui devront bien convenir qu’en son temps, le socialisme utopique de Charles Fourier s’élevait tout aussi véhémentement contre le Bourgeois.

octobre 24

Le dialogue solitaire

Il y a quelques années un journaliste britannique faisait part d’une expérience particulière, dans notre monde moderne. Une expérience en porte à faux avec la société contemporaine. Il a décidé de parler avec lui-même… Un homme achève sa journée de travail. Il sort d’un immeuble grisâtre, et il est pressé. Mais son train est en […]

octobre 13

« Soyons médiocres ! » – Le prix Nobel de la chanson

I – À voir la dernière divagation du comité Nobel, on croirait qu’il a pour devise le « Soyons médiocres ! » de Saint-Marc Girardin.

II – Haine de la beauté et de l’esprit : un musicien populaire est couvert de lauriers, et l’on ignore maints poètes et écrivains sublimes. Bob Dylan contre Philippe Jaccottet.

III – Le langage de Bob Dylan n’est pas fort différent du commun langage. Amour des moutons de Panurge.

octobre 10

Paul Gauguin et la course à l’argent

« N’être pas conforme, c’est le grand crime », écrivait amèrement Baudelaire du temps qu’il fréquentait malgré lui la société des grandes fortunes peu charitables qui avaient en haine l’esprit et la beauté. Gauguin devint sur le tard ce grand criminel qui avait commis l’infamie de préférer la recherche de l’absolu à la ruée vers l’or d’un Occident essoufflé.

septembre 30

La folle destinée de l’urbs : des urbanités romaines à l’urbanisation aliénante

L’urbanité, pour les romains, était une élégance. Ce n’est pas à la campagne que l’on se formait à cette « aimable vertu du commerce », mais à Rome. Ces urbanités romaines, qu’elles fussent marchandes ou mondaines, se pouvaient appeler usage du monde. Les habitudes citadines étaient jugées plus raffinées que celles de la campagne. Rome était une ville fière, opulente, heureuse. Le citadin en villégiature à la campagne emportait avec lui ses habitudes citadines : il urbanisait le campagnard, c’est-à-dire qu’il l’initiait aux arts de la table, et qu’il refaisait la ville à la campagne.

septembre 30

Tintin est réactionnaire

On sait le vieil Hergé démodé, voire destiné à remplir les bibliothèques poussiéreuses des maisons de famille « vieille France » – comprendre un peu rances. Les exploits de Quick et Flupke ou les Aventures de Jo, Zette et Jocko ne sont plus connus que des initiés.

Reste Tintin, déclinaison à succès de Joseph Rouletabille. Le reporter du Petit Vingtième, éternellement jeune, ancien scout à la houppe d’or, a des airs de fils de bonne famille – il séjourne régulièrement au château de Moulinsart