Archives de Catégorie: critiques d’art

décembre 16

Jades, des empereurs à l’Art Déco – Musée Guimet – jusqu’au 16 janvier

Lao Tseu disait « qui accumule en sa maison l’or et le jade ne pourra en défendre l’entrée ». Le musée Guimet ne fait pas exception : cette vénérable maison attire les foules d’amateurs d’art et de belles pierres depuis qu’une collection de jades y a trouvé, pour un temps, refuge. Ce sont des montagnes et des lits des rivières du Xinjiang que les Chinois tirèrent dès le néolithique maints galets massifs de jade aux nuances blanchâtre, brune, vert sombre, voire d’un mauve de lavande.

décembre 02

Frédéric Bazille, un impressionniste fauché en pleine gloire

Il est des jours où, répondant à l’appel de Jean Giraudoux, je voudrais que la guerre prusso-française de 1870 n’eût pas eu lieu. Certes, on eût évité bien des désagréments. Et un certain Frédéric Bazille, dont l’oeuvre est exposée en ce moment au musée d’Orsay, n’eût pas été fauché en pleine gloire

octobre 18

Un goûter avec Le Sidaner

Vers cinq heures, deux jeunes gens en habits anciens s’engouffrèrent dans un bois de frênes charbonneux et verts avec un panier d’osier bleuissant empli de fruits – pêches, raisins – et de vin du pays. La lumière des après-midi d’arrière-été transperçait la ramure et enluminait l’allée de tâches d’or et de mauve, comme si l’on eût été dans quelque cathédrale encore polychrome où les vitraux eussent été peints de couleurs glauques.

octobre 07

Voyage dans les oeuvres de Camille Corot, Gérard de Nerval et Alain-Fournier

C’est un chemin sylvestre au sortir de l’hiver ; de longs fûts noirs s’élancent vers un ciel bleu de Chine où les nuages s’amoncellent. Dans la flaque d’eau croupie d’après les pluies de mars, une lumière obscure rayonne d’or pâle entre deux rubans d’écorce verte ; une paysanne en coiffe déverse l’encre de sa robe sur la rive brune, et remplit une aiguière.

septembre 15

Le projet symboliste de Paul Gauguin : la leçon de Pont-Aven

La fin du XIXème siècle, au peintre et au poète, offrait bien peu de charme et de mystère : le positivisme scientifique, l’industrialisation, et la course à l’argent ne pouvaient aboutir qu’à un art aphone, incapable de remplir sa fonction de médium du monde des idées.

La peinture ne pouvait plus qu’aller de Charybde en Scylla : tantôt elle rivalisait d’exactitude pour préceller la photographie naissante, tantôt elle opposait à cet ennemi formidable sa propre méthode de décomposition de la lumière : l’impressionnisme.

septembre 15

Les pommes de Cézanne retrouvées chez Tintoret

Pourquoi les pommes de Cézanne sont-elles si incomparables ? Parce que, par la beauté de leur ligne, par leur suite luxueuse de couleurs – or, rouge, ocre -, elles s’adressent à l’esprit plus qu’aux sens et s’étrangent du monde matériel – comme les natures mortes de Chardin révèlent la beauté de choses que souvent, nous appelons contingences.